SOURCE CHRÉTIENNE · 1486–1487 · XVe siècle

Le Malleus maleficarum : construire l'image de la sorcière

Un manuel imprimé qui a contribué à fixer des stéréotypes dangereux et des arguments de poursuite.

Une œuvre de Heinrich Kramer à la fin du XVe siècle

Le Malleus maleficarum, composé vers 1486 et imprimé en 1487, est étroitement lié au dominicain Heinrich Kramer, dit Institoris. L'attribution d'une co-rédaction à Jacob Sprenger, longtemps répétée dans les éditions, est discutée par les historiens. Les dates et les signatures d'édition doivent être précisées pour ne pas raconter une histoire simplifiée.

L'impression facilite la circulation d'arguments, mais ne prouve pas que tous les théologiens ou tribunaux de l'époque approuvaient le livre. Il existait des divergences institutionnelles, ainsi que des pratiques locales très hétérogènes.

Sources de cette section : [1] [2]

↑ Revenir au plan

Stéréotypes féminins et raisonnement circulaire

Le livre associe de nombreuses accusations de sorcellerie à des représentations hostiles des femmes. Un article universitaire de Warwick examine la manière dont cette vision du féminin structure le discours de Kramer et signale des contradictions dans la composition de l'ouvrage.

Lorsqu'une explication prétendue peut confirmer à la fois le démenti et l'aveu d'un accusé, la preuve cesse d'être contrôlable. L'histoire du livre doit donc intégrer ses effets humains : suspicion, poursuites et risques de violence, et non se limiter aux théories qu'il énonce.

Sources de cette section : [1] [2]

↑ Revenir au plan

Du manuscrit au livre imprimé

La circulation de l'imprimé modifie la manière dont des autorités et des lecteurs peuvent retrouver, répéter ou contester les accusations. Mais une répétition sur plusieurs exemplaires ne produit pas plusieurs témoins indépendants des faits allégués.

Les collections historiques de Cornell montrent la diversité des textes et archives disponibles sur les chasses aux sorcières. Un manuel, une déposition et une sentence ont des fonctions documentaires différentes : aucune ne démontre seule une intervention surnaturelle.

Sources de cette section : [1] [3]

↑ Revenir au plan

Une mise en garde actuelle contre la peur

Le recours à des catégories absolues ou à des signes vagues pour soupçonner des personnes est une constante possible des campagnes de dénonciation. Aujourd'hui aussi, des discours d'alerte peuvent se propager rapidement sans examen contradictoire.

Déciller peut étudier les interdits religieux et les pratiques occultes sans reproduire cette mécanique d'accusation. Une conviction chrétienne ne dispense pas de vérifier les preuves, de protéger les personnes et de refuser les aveux extorqués.

Sources de cette section : [1] [3]

↑ Revenir au plan

Hier et aujourd’hui : ressemblances et évolutions

Une question qui revient : Le risque que des catégories vagues servent à accuser des personnes et à susciter la peur.

Ce qui a changé : La circulation numérique de récits change la vitesse et les conditions des accusations.

Ce que les sources ne permettent pas d'affirmer : Une ressemblance des mécanismes de rumeur ne signifie pas que les contextes judiciaires sont identiques.

Sources de cette section : [1] [2]

↑ Revenir au plan

Questions pour discerner

  1. La répétition d'une accusation dans les imprimés vaut-elle des témoignages indépendants ?
  2. Comment distinguer doctrine, stéréotype de genre et fait judiciaire prouvé ?

Ce qui reste à approfondir

Le Malleus ne représente pas unanimement les pratiques des autorités chrétiennes. Cette notice n'est pas un exposé des prétendus pouvoirs ni une approbation des procès.

Sources documentaires

  1. Université de Warwick, étude critique du Malleus maleficarum de 1486
  2. Cornell University Library, collection de sources sur les procès de sorcellerie
  3. Déciller, signes d'emprise et respect des personnes

Les renvois identifient les documents mobilisés ; leur présence ne vaut pas approbation globale du contenu des sources externes.

Toute la chronologie Répertoire des pratiques