SOURCE CHRÉTIENNE · 25 avril–10 mai 1459 · XVe siècle
Jaquette Pelorinaz : suivre une procédure jour après jour à Martigny
Une édition numérique suisse permet de lire les actes d’interrogatoire, les réponses successives et la place de la contrainte.
Un original localisé et une édition accessible
La Fondation des sources du droit suisse publie sous la référence SDS VD D 1 8 une transcription du procès de Jaquette Pelorinaz, daté du 25 avril au 10 mai 1459, au château de Martigny. Le document de base est conservé aux Archives cantonales vaudoises : registre Ac 29, pages 92–103, texte latin sur papier.
Les Archives cantonales vaudoises précisent que le registre Ac 29 est un assemblage moderne de cahiers de procédures anciennes. La cote Ac 29 et les pages 92–103 sont les repères matériels pour Jaquette, distincts de la numérotation éditoriale « SDS VD D 1 8 » et de l’édition savante de 2007.
Sources de cette section : [1] [2]
↑ Revenir au plan25–28 avril : dénégations et sommations
Le 25 avril, Jaquette, de la paroisse de Martigny, comparaît devant le dominicain Pierre Ginodi, représentant l’inquisiteur et agissant avec l’autorité épiscopale. Le texte transcrit plusieurs sommations les 25, 26 et 28 avril. Jaquette répond d’abord qu’elle n’appartient pas à la secte alléguée et qu’elle ne sait rien de ce qu’on lui reproche.
Le 28 avril, une décision autorise la poursuite de l’enquête sur sa personne afin d’obtenir des déclarations. La succession de ces actes montre une pression judiciaire formalisée. Les mots du notaire peuvent documenter la procédure sans renseigner indépendamment sur la réalité des accusations d’hérésie et de sorcellerie.
Sources de cette section : [1] [2]
↑ Revenir au plan30 avril–10 mai : déclarations dans un cadre coercitif
Le procès-verbal du 30 avril consigne de nouvelles déclarations de Jaquette après une période de détention et de question. Elles contiennent des récits de rencontres démoniaques et de réunions alléguées. Ils doivent être présentés comme des propos transcrits dans une procédure inquisitoriale : le lecteur ne doit pas en déduire que les scènes racontées se sont produites.
Les actes des 1er et 5 mai rapportent des confirmations de déclarations, et celui du 10 mai une convocation en vue de la sentence. La transcription de ce segment ne reproduit pas à elle seule la sentence finale ; en revanche, le résumé scientifique rédigé par les éditeurs de SDS VD D 1 8 indique une sentence rendue le 10 mai au cimetière de l’église de Martigny, la confiscation des biens et une remise au bras séculier, suivie d’une exécution sur le bûcher le jour même. Il faut attribuer cette conclusion au commentaire éditorial, sans la présenter comme une citation de l’acte de sentence absent du segment transcrit.
Sources de cette section : [1] [2]
↑ Revenir au planCe que le dossier rend vérifiable
Le document permet de comparer les actes datés, le langage des magistrats, le déroulement des comparutions et la transformation des réponses. Il montre aussi pourquoi il faut lire une déclaration enregistrée après une enquête coercitive autrement qu’un témoignage recueilli sans pression.
Dans une perspective chrétienne de discernement, reconnaître qu’une tradition interdit certains rites ne rend pas acceptable une accusation insuffisamment prouvée. Ce cas invite à séparer la foi, les exigences de justice et les conditions concrètes d’obtention des dépositions.
Sources de cette section : [1] [2] [3]
↑ Revenir au planLecture directe de la transcription TEI et repérage des pages
La Fondation des sources du droit suisse met à disposition la transcription structurée en TEI-XML, associée à la cote ACV, Ac 29, pages 92–103. La consultation de ce fichier permet de localiser les premières comparutions du 25 avril à la page 92, les actes du 26 à la page 93, ceux datés du 28 à la page 94, les nouvelles déclarations du 30 à partir de la page 96, puis les actes du 1er mai à la page 98, du 5 mai à la page 99 et la convocation du 10 mai à la page 100.
L’édition contient une difficulté de datation à vérifier : un acte est normalisé au 28 avril, tandis que le latin transcrit comporte une formule faisant référence au vingt-septième jour du mois. Il faut consulter la note éditoriale et le fac-similé avant de résoudre l’écart. Le dossier mentionne également dans son commentaire que Jaquette avait été arrêtée le 4 avril 1459, date distincte du début des actes publiés.
La TEI est une transcription éditoriale du témoin ancien, non l’image du registre elle-même. Le texte du 25 avril, page 92, consigne en latin : « Interrogata an sciat causam sue detencionis, que Jaqueta dicit quod non. » Traduction de travail : « Interrogée sur la cause de sa détention, Jaquette dit qu’elle ne la connaît pas. » Les éditeurs décrivent une sentence interlocutoire du 28 avril, exécutée le 29 avril dans un cadre coercitif. Ils rapportent aussi une condamnation finale du 10 mai et une exécution le même jour : cette issue vient du commentaire de l’édition, et non d’un acte final intégralement reproduit dans la transcription consultée.
Sources de cette section : [1] [4]
↑ Revenir au planHier et aujourd’hui : ressemblances et évolutions
Une question qui revient : Les risques qu'une pression institutionnelle transforme le contenu d'un interrogatoire.
Ce qui a changé : Les garanties contemporaines interdisent de considérer la contrainte comme preuve indépendante.
Ce que les sources ne permettent pas d'affirmer : La transcription d'une confession ne prouve pas la réalité des épisodes surnaturels décrits.
Sources de cette section : [1] [2]
↑ Revenir au planQuestions pour discerner
- Quels actes sont des dénégations, quels actes résultent d’une question et lesquels attestent une décision ?
- Une confession enregistrée après contrainte peut-elle établir indépendamment une prétention surnaturelle ?
Ce qui reste à approfondir
La transcription latine TEI a été consultée et ses dates rapprochées des pages ACV 92–100. Une divergence interne de datation 27/28 avril reste à éclaircir sur les images et l’apparat. Le commentaire éditorial rapporte une condamnation et l’exécution du 10 mai, mais la pièce de sentence finale n’a pas été personnellement collationnée.
Sources documentaires
- Fondation des sources du droit suisse, SDS VD D 1 8, transcription latine et apparat du procès Jaquette Pelorinaz (1459)
- Archives cantonales vaudoises, inventaire officiel Ac 29, procès de Jaquette Pelorinaz, pages 92–103
- Université de Lausanne, publication de l’édition des procès vaudois, tomes I–II, 2025
- Fondation des sources du droit suisse, fichier TEI-XML intégral de SDS VD D 1 8, transcription des actes et repères de pages ACV, Ac 29
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