SOURCE CHRÉTIENNE · 11–31 octobre 1429 · XVe siècle
Johanneta de Lens : un procès et une remise en liberté sous caution
Un cahier judiciaire conservé aux Archives de l’État du Valais décrit les accusations, les témoignages et la situation d’une femme enceinte.
Une personne identifiée, deux cotes rapprochées
Le catalogue des Archives de l’État du Valais décrit Johanneta, fille de Martinus Violini, veuve d’Anthonius du Duchiour alias Jullar, domiciliée à Lens. Les actes du 11 au 31 octobre 1429 sont classés CH AEV, ABS, Tir. 30/100, cahier latin de huit feuillets, rédigé par le notaire Philippus Pleysaudi.
Un autre cahier, ABS, Tir. 30/102, couvre des actes de 1429–1431 et renvoie notamment aux cautionnements et convocations concernant Johanneta aux feuillets 4v–7r. Le voisinage de ces deux unités d’archives est vérifiable ; leurs contenus ne doivent pas être confondus avec la chronique valaisanne de Hans Fründ.
Sources de cette section : [1] [2]
↑ Revenir au planDes chefs d’accusation, non des faits surnaturels
La notice de Tir. 30/100 résume des interrogations sur une réputation de sorcière, sur des menaces alléguées et sur des maladies humaines ou animales imputées à des malédictions. Elle mentionne aussi une connaissance supposée de prières permettant de voir l’Enfer : il s’agit de questions et d’accusations rapportées par les autorités.
Une transcription de procédure donne accès à ce que les intervenants ont consigné, pas à la vérification expérimentale d’un pouvoir. L’historien doit distinguer les articles de l’interrogatoire, les dépositions des témoins et les réponses de Johanneta avant de tirer une conclusion sur les relations sociales ou judiciaires.
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↑ Revenir au planUne grossesse au centre d’une décision procédurale
Le catalogue indique qu’au folio 5r, Johanneta déclare être enceinte d’environ deux mois. Elle est alors provisoirement libérée sous caution, avec engagement de se représenter devant la justice et de ne pas quitter le Valais. Ce détail concret est beaucoup plus solidement documenté que les dommages surnaturels imputés à cette femme.
La notice ne suffit pas à établir une condamnation finale, une exécution ou une issue définitive de l’enquête. Elle ne permet pas non plus de reconstituer la vie de Johanneta hors des actes conservés. Les pièces doivent être consultées intégralement avant de qualifier le déroulement et les résultats de la procédure.
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↑ Revenir au planJuridiction, dépendance et discernement
Les actes sont instruits sur ordre d’Eduardus Tavelli, seigneur de Granges, par son officier et notaire Philippus Pleysaudi. Ils montrent une justice seigneuriale attentive aux accusations, aux cautionnements et à la compétence de ses agents. Une lecture chrétienne ne peut transformer le soupçon de sortilège en permission de condamner sans preuves.
Le dossier permet d’examiner une réalité judiciaire vérifiable : une femme poursuivie, des témoins, une grossesse déclarée et une liberté conditionnelle. Il reste à vérifier les feuillets et l’ensemble des actes voisins pour établir exactement qui a témoigné, dans quel ordre et avec quelles conséquences.
Sources de cette section : [1] [2] [3]
↑ Revenir au planStatut des pièces : inventaire d’archives, non transcription intégrale
Le travail de vérification a porté sur deux notices publiques des Archives de l’État du Valais : CH AEV, ABS, Tir. 30/100, cahier de huit feuillets, et Tir. 30/102, dossier complémentaire. Les dates, noms et mentions de la caution proviennent des descriptions archivistiques : aucune transcription latine intégrale ni reproduction photographique des feuillets n’a été consultée pour cette étude.
Les feuillets 4v–7r de Tir. 30/102 méritent une confrontation directe avec la déclaration de grossesse enregistrée au folio 5r du dossier principal. Avant de publier une citation latine, il faudra demander les images, identifier précisément la main et distinguer texte de l’acte, analyse de l’archiviste et commentaire moderne.
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↑ Revenir au planHier et aujourd’hui : ressemblances et évolutions
Une question qui revient : Une accusation collective et des convocations judiciaires dans un cadre de dépendance locale.
Ce qui a changé : Les décisions de justice et les protections des personnes diffèrent des régimes seigneuriaux.
Ce que les sources ne permettent pas d'affirmer : Les actes prouvent la procédure, non les sorts et malédictions allégués.
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↑ Revenir au planQuestions pour discerner
- Quel acte précis établit la libération sous caution, et quelle pièce documente la suite éventuelle ?
- Les imputations de maladie reposent-elles sur des observations contrôlables ou sur des témoignages d’accusation ?
Ce qui reste à approfondir
Les notices d’inventaire sont vérifiées ; les feuillets originaux restent à examiner. Le sort final de Johanneta demeure indéterminé.
Sources documentaires
- AEV, Archives de la Bourgeoisie de Sion, Tir. 30/100, procès de Johanneta de Lens, 11–31 octobre 1429, 8 feuillets
- AEV, ABS, Tir. 30/102, actes connexes, 1429–1431, notamment fol. 4v–7r
- C. Ammann-Doubliez, Procès de sorcellerie dans la vallée de Conches, Cahiers de Vallesia 32 (2020), mention bibliographique dans le catalogue AEV
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